Votre Question :

Les Russes vont-ils aider Marine Le Pen à gagner la présidentielle ?

Bonjour,

Comme l'avaient relevé plusieurs rédactions dans le cadre du projet Crosscheck, un tweet rapidement effacé du site russe Lifenews, intitulé “Moscou va aider Le Pen à gagner les élections“, a fait courir la rumeur d’un soutien officiel du Kremlin à la candidate FN. Et ce le 24 mars dernier, alors que la candidate FN était en visite à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Mais Lifenews n'est pas directement lié au Kremlin, et le tweet renvoyait en fait vers une tribune qui n'avait rien à voir avec un quelconque soutien officiel. Depuis, le Kremlin a démenti tout soutien apporté à Marine Le Pen.

Plusieurs éléments laissent néanmoins penser que des réseaux russes ou proches de la Russie ont tenté d'influer sur la campagne. Lors du débat d'entre-deux-tours Marine Le Pen a ainsi attaqué Macron sur son patrimoine :  «J’espère qu’on n’apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas.» Une insinuation basée sur des documents (particulièrement douteux) qui circulaient alors sur les réseaux sociaux. Or, selon le chercheur Nicolas Vanderbiest, spécialiste en phénomène d'influence, cette campagne de dénigrement provient de comptes Twitter identifiés comme ceux «qui avaient le plus partagé des articles de Russia Today et Sputnik», deux médias pro-Kremlin. Selon cet expert, «la fake news sur le compte de Macron au Bahamas , on peut dire sans trop se tromper, que c'est by the Russians».

Plus largement, ces mêmes sites d'information financés par le Kremlin, RT et Sputnik, relayent beaucoup plus les thèses et les discours des responsables de droite considérés comme pro-Kremlin, notamment le Front national (et dans une moindre mesure François Fillon avant le premier tour). Ces mêmes médias n'hésitent pas à s'en prendre aux concurrents de Le Pen. En février dernier, Sputnik avait ainsi titré un article «L’ancien ministre de l’économie Macron pourrait être un "agent américain" qui fait du lobbying pour les intérêts des banques». Dans l'article, un élu pro-Kremlin du parti Les Républicains, Nicolas Dhuicq, accusait par ailleurs Macron d'être soutenu par un «riche lobby gay». À noter toutefois que les cadres d'En Marche avaient alors (légèrement) forcé le trait sur les attaques russes dont ils se disaient victimes.

 

Cordialement,

Vincent C.