Votre Question :

Donald Trump a-t-il enfreint des règlements de Twitter dans ces nombreux propos? Pourquoi son compte n'est pas radié auquel cas?

Bonjour,

Oui, on peut penser que le président américain Donald Trump a enfreint les règlements Twitter, que vous pouvez consulter ici en français.

Parmi les « comportements inappropriés », le réseau social recense notamment les «menaces violentes (directes ou indirectes): vous ne devez pas proférer de menaces ni inciter quiconque à la violence». C'est pourtant ce qu'a fait Trump, par exemple quand en publiant une vidéo de lui faisant du catch contre une personne dont la tête est remplacée par le logo de CNN

#FraudNewsCNN #FNN pic.twitter.com/WYUnHjjUjg

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 2 juillet 2017

Twitter interdit également le «harcèlement» et les «conduites haineuses». Ainsi, les utlisateurs ne doivent pas se livrer à «un comportement inappoprié ciblé, ni au harcèlement d'autres personnes, ni inciter à le faire», et ne doivent pas «directement attaquer ni menacer d'autres personnes, ni inciter à la violence envers elles sur la base des critères suivants: race, origine ethnique, nationalité, orientation sexuelle, sexe, identité sexuelle, appartenance religieuse âge, handicap ou maladie».

En la matière, les transgressions du président américain sont nombreuses, comme le recense consciencieusement le New York Times dans son article régulièrement mis à jour: «Les 372 personnes, endroits et choses que Donald Trump a insultés sur Twitter».

Alors, pourquoi Twitter n'a-t-il jamais fermé le compte @realDonaldTrump ?

L'entreprise a toujours été très mal à l'aise avec cette question. Notamment parce que ceux qui demandent la fermeture du compte personnel du président des Etats-Unis sont (de plus en plus) nombreux, et leurs arguments variés.

Please RETWEET THIS if you want Twitter to suspend Trump's account for repeated crimes, civil offenses, and violations of terms of service. pic.twitter.com/qHlwsJ1XaG

— Seth Abramson (@SethAbramson) 2 juillet 2017

Dans une interview accordée à CNN pendant l'été, le fondateur et dirigeant de Twitter Jack Dorsey tentait de justifier sa position: «Les gens lui répondent, et peuvent lui parler. Le plus il engage de conversations, le plus il peut apprendre ce que les gens pensent, ce que les gens font, la manière dont ils réagissent à ses politiques.»

Un autre argument plus pragmatique, et plus discuté, selon plusieurs observateurs : les tweets de Trump rapportent gros à Twitter, puisqu'ils attirent toute l'attention sur le réseau social. 

Et pour les défenseurs de la liberté d'expression, force est de rappeler que la parole d'un président des Etats-Unis (même si elle n'émane pas du compte officiel rattaché à la fonction), est toujours d'intérêt public. Interrogé par la CBC, la directrice du Center for Democracy & Technology's Free Expression Project rappelait également que des juges avaient déjà utilisés les tweets présidentiels pour bloquer le décret anti-immigration de Donald Trump.

Face à CNN, Jack Dorsey reconnaissait que Twitter «montre le meilleur et le pire de la démocratie». Une ligne de défense qui semble de moins en moins convaincre, alors que Donald Trump ne cesse, depuis plusieurs semaines, de provoquer la la Corée du Nord sur Twitter, mettant en périle la stabilité de la région.