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affaire fillion

Bonjour, officiellement retiré de la vie politique, François Fillon « est complètement déconnecté, il ne lit pas les journaux », affirmait un de ses proches au Parisien à la fin de l'été. Il n'en a pas fini pour autant avec ses ennuis. Voici la chronologie de l'affaire : 

Le feuilleton commence avec les révélations en cascade du Canard Enchaîné, fin janvier 2017. Un mois plus tard, la justice lance une enquête préliminaire. Le parquet national financier a procédé à un premier round d'auditions, que résume ici Le Journal du Dimanche.

En bref, il est reproché à Penelope Fillon d'avoir profité d'emplois fictifs en tant qu'assistante parlementaire de son mari, député de la Sarthe, entre 1988 et 1990 et entre 1998 et 2002, puis de son successeur Marc Joulaud, entre 2002 et 2007, puis de nouveau de son mari, devenu député de Paris, entre 2012 et 2013.

Les enquêteurs du PNF s'intéressent aussi à un emploi de Penelope Fillon entre mai 2012 et décembre 2013, auprès de La Revue des Deux Mondes, détenue par un des Filllon, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Enfin, la justice s'est penchée sur les enfants du couple, qui aurait pu bénficier d'emplois fictifs pendant que leur père était sénateur, entre septembre 2005 et 2007, alors qu'ils étaient étudiants.

En parallèle d'une campagne présidentielle chaotique, s'en suit, deux mois avant le premier tour, une série de mises en examen, qui commence avec celle de François Fillon, le 14 mars. Motifs : « détournement de fonds public », « complicité et recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d'abus de bien sociaux », et « manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ».

Le 24 mars, c'est au tour de Marc Joulaud d'être mis en examen pour « détournement de fonds publics »

Le 28 mars, Penelope Fillon est elle aussi placée sous ce statut pour « complicité et recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d'abus de biens sociaux » et « recel d'escroquerie aggravée »

Le 12 mai, selon le Journal du Dimanche, c'était le milliardaire et propriétaire de la Revue des deux mondes, Marc Ladreit de Lacharrière, qui était mis en examen pour « abus de bien sociaux ».

Le 4 juillet, on apprend que les enfants Fillon, Charles et Marie, ont été placés sous le statut de témoin assisté Les juges ont considéré qu’ils n’avaient pas d’«indices graves ou concordants» justifiant une mise en examen pour «recel de détournement de fonds publics».

A la fin du mois de juillet, François Fillon aurait de nouveau été entendu par la justice, pendant un jour et demi, selon les informations du Journal du Dimanche publiées fin août. Auparavant, le siège de la société d'assurance Axa aurait été perquisitionné. Dans ce volet de l'affaire, les enquêteurs s'interrogent sur la réalité des activités de conseil de la société créée par l'ancien Premier ministre, 2F Conseil, en 2012, juste avant de redevenir député.

Selon le quotidien du dimanche, une transaction de 200 000 euros entre 2F Conseil et Axa, dont l'ami de François Fillon Henri de Castries a été PDG, intéresse particulièrement la justice. 2F Conseil aurait aussi passé des contrats avec la société de Marc Ladreit de Lacharrière ou encore un industriel libanais.

L'affaire suit donc son cours, mais impossible de donner une date à son épilogue. François Fillon, persuadé d'avoir été trahi par un proche, a promis qu'il sortirait un jour du silence.

Cordialement,

Fabien Leboucq