Votre Question :

Qu'en est-il vraiment de Carrefour et son intention de commercialiser des "légumes interdits" ?

Bonjour,

Il s’agit avant tout d’une opération de com’ de Carrefour. L’enseigne ne va pas vendre des produits interdits, mais une dizaine de fruits et légumes anciens que l’on ne trouve habituellement pas dans les grandes surfaces.

En fait, ces fruits et légumes sont issus de semences dont la commercialisation est interdite car elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des semences autorisées par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis).

L’enseigne a même lancé une pétition en parallèle pour «changer la loi».

Cette initiative ne fait pas l’unanimité.

Frédéric Latour, l’un des animateurs du Réseau semences paysannes, qui fédère des associations paysannes et d’agriculture biologique a tout de même noté auprès de 20 Minutes: «Elle laisse croire que les légumes issus de ces semences sont interdits à la vente, ce qui est absolument faux. D’autre part, c’est étonnant de voir que l’un des leaders mondiaux de la grande distribution se pose aujourd’hui en défenseur des semences paysannes alors que c’est cette filière qui a fortement encouragé la standardisation de l’agriculture, cause de l’érosion de la biodiversité cultivée».

Guy Kastler, membre fondateur de la Confédération paysanne et coordinateur du réseau Semences paysannes jusqu’en 2016, a expliqué le principe du catalogue des semences et détaillé les enjeux de cette question de la réglementation semencière dans une interview à Libération, que vous pouvez lire ici.

Cordialement,

PM